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Accueil Présentations du 24 octobre Exposition des opérateurs deltaméthrine
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Détermination de l'exposition externe des opérateurs utilisant la deltaméthrine dans le contexte de lutte antivectorielle en Guyane.

J. Tacita (CG Guyane) et B. Norvès (CEHTRA)

La phase terrain de cette étude a été conduite en juillet 2012 dans plusieurs sites de la région de Cayenne suivant 3 scénarios et avec un matériel spécifique à chaque scénario. L’objectif de cette étude était de générer des données permettant de construire des modèles d’exposition pour les activités de lutte antivectorielle, en particulier contre les moustiques. Les applications, les pratiques et travaux effectués, les vêtements et le matériel utilisés ont été représentatifs de la réalité.

Tous les opérateurs sont des employés du Conseil général de la Guyane. Des contaminations correspondant à des incidents ont été observées à plusieurs reprises. Toutes ont été considérées comme correspondantes à des évènements pouvant survenir dans le cours normal des opérations et donc aucune répétition n’a été écartée.

Trois scénarios ont été étudiés au cours de cette étude, tous trois concernant la lutte antivectorielle (moustiques) en Guyane. Deux scénarios intra-domiciliaires avec un matériel à main (scénario  1 : application volumétrique ; scénario 2 : application murale) et un scénario  extra-domiciliaire avec du matériel pour application volumétrique monté sur un pick-up.

Le nombre de réplications (6 par scénario) est suffisant pour une approche statistique simple des données.  Seule la phase d’application a été mesurée.

Résultats

Les scénarios 1 et 2 sont relativement similaires en terme d’exposition, y compris par inhalation alors qu’une beaucoup plus grande quantité de particules inhalables sont générées dans le scénario 1. Ceci est probablement dû à une meilleure possibilité de gérer sa position par rapport à la source dans ce scénario. L’exposition est beaucoup plus faible dans le scénario 3, y compris par inhalation ce qui était attendu du fait de l’éloignement de la source par rapport à l’opérateur et de l’aspect clos de son poste de travail (portes fermées et ventilation en circuit fermé).


Expositions moyenne des opérateurs en µg/gramme manipulé selon les différents scénarios :

 

La variabilité de l’exposition à l’intérieur des scénarios est en général bien expliquée par les observations sur le terrain et les fortes expositions correspondent en général à des incidents visibles : maintenance du matériel d’application (réglages, fuites …), la manipulation des gants et du masque, le transport, les procédures de traitement…

La protection apportée par la combinaison en coton est bonne comme dans la plupart des études de ce type.

Récapitulatif des différents transferts moyens (% de substance active ayant traversé les combinaisons) selon les parties du corps pour les différents scénarios :

 

Les membres inférieurs semblent les mieux protégés, particulièrement dans le scénario 1 (99,7 % de protection) probablement du fait de l’absence d’ouverture accessible permettant un transfert direct vers le sous-vêtement.

La protection est moins importante dans le scénario 3 ce qui est fréquent pour les très faibles expositions. Ceci s’explique également par la forte protection apportés par les combinaisons (environ 98,5 %) dans les deux premiers scénarios tandis que les opérateurs du scénario 3 cette protection est nettement plus faible.


Conclusions générales


Les données générées sur ces trois modèles permettent une première approche mais dont il est important de comprendre les limites :

 

  • Ces 3 scénarios ne couvrent pas tous les scénarios de lutte antivectorielle.
  • Le petit nombre de réplications pour chacun impose une approche très conservatrice du modèle qui pourrait être généré. Ce modèle a cependant de bonnes chances d’être suffisant pour des substances peu toxiques et/ou utilisées à faible dose.
  • Certain de ces scénarios ont été très brefs, sans doutes plus que lors des pics d’infestation. Un facteur de normalisation sera sans doute à introduire.
  • Seule la phase d’application a été mesurée : le modèle complet pour l’évaluation de risque devra inclure des données de modèle de préparation/remplissage, voire de nettoyage.

Par ailleurs ces mesures confirment la bonne protection apportée en général par des combinaisons classiques ainsi que l’importance des protections respiratoire dans certains scénarios. L’affinement du modèle pourrait être effectué avec les éléments suivants :

1/ Augmenter le nombre d’opérateurs pour les scénarios les plus contaminants pour augmenter la robustesse statistique des résultats et donc éviter d’avoir à utiliser des mesures extrêmes. Il peut être intéressant de vérifier que les scénarios mesurés dans cette étude sont effectivement les plus contaminants.

2/ Utiliser le biomonitoring permettant la quantification de deltaméthrine présente dans l’organisme des opérateurs et comparaison à des valeurs toxicologiques de référence.

3/ Augmenter le temps d’application pour chaque opérateur. Les temps d’application étaient faibles et non représentatifs de journées normales. Un suivi durant des périodes plus propices à la présence des moustiques permettraient d’obtenir des valeurs d’expositions plus proches de la réalité retrouvée lors des pics d’infestations.

4/ Mesurer la diversité des mélanges/chargement et les possibles contaminations liées à la manipulation du produit durant cette phase peuvent rendre les résultats plus aléatoires que dans la plupart des scénarios d’expositions agricoles. En effet, les mélanges/chargement sont effectués par de nombreuses personnes et pour plusieurs scénarios. Les contaminations durant cette phase peuvent être importantes et utiliser un modèle d’exposition classique, plus propice aux scénarios agricoles, pourrait mener à une sous-estimation de l’exposition des travailleurs.

5/ Tester de nouveaux équipements de protections compatibles avec les conditions climatiques locales.