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Evaluation des méthodes de lutte et des moyens d'intervention

R. Foussadier (EID Rhône-Alpes) et JP. Douzals (IRSTEA)

Ce document présente une synthèse des essais réalisés dans le cadre de la tâche n° 2 du programme LIFE + IMCM en matière d’évaluation des moyens de lutte et des moyens d’intervention utilisés en démoustication. Pour ce faire des mesures des dépôts physiques de bouillie antilarvaire ou imagocide (2011) développée à IRSTEA ont été couplées avec des mesures d’efficacité biologique (mortalité - 2012) habituellement utilisée dans les établissements de démoustication.

Une analyse des résultats conjugués de dose vs mortalité a été réalisée pour les applications larvicides  terrestre. Celle-ci laisse apparaître des perspectives intéressantes en matière d’optimisation des applications et de choix de nouveaux équipements de démoustication. Cette étude a également permis de mieux définir l’importance de deux paramètres primordiaux sur la qualité des applications (orientation et vitesse du vent ; granulométrie des gouttelettes de bouillie).
Introduction

Ce document correspond à une synthèse des essais de terrain menés en 2011 et 2012 dans le cadre du programme LIFE + IMCM. Douze équipements utilisés en démoustication ont été testés sur le plan de l’efficacité physique (portée potentielle de distribution de la bouillie) et de leur efficacité biologique (mortalité selon la portée). Cette tâche a été menée conjointement par IRSTEA et les EID Rhône Alpes et EID Méditerranée.

 

Matériels et méthodes

Les modalités testées (appareil et bouillie) correspondent aux pratiques de référence de l’EID Rhône-Alpes et de l’EID Méditerranée (Table 1).



Table 1 : Modalités testées

 

 

Aquabac XT et Vectobac 12 AS sont appliqués à une dose de 2,5 L/ha dans 12,5 l/ha de bouillie. Vectobac WG est appliqué à 2,5 L/ha dans 8 l/ha de bouillie.

 

Pour chaque modalité, un protocole spécifique a été mis en place basé sur un échantillonnage des dépôts et de mortalité tous les 10 m sur un quadrilatère de 40 m x 50 m dont la ligne centrale est prolongée jusqu’à 85 m. Chaque poste d’échantillonnage comprend 3 boites de Pétri de 8 cm de diamètre (dépôts physiques de bouillie), d’un flacon contenant 25 larves pour les applications larvicide. Dans le cas d’applications adulticides, un protocole identique est testé mais les dépôts sont collectés sur des fils de 2 mm de diamètre disposés tous les 50 cm de 50 cm à 2m de hauteur sur une distance de 10 à 100 m (1 cadre tous les 3 m); des cages de gaze contenant 25 moustiques adultes permettent d’évaluer la mortalité. Dans tous les cas d’applications liquide terrestre, la pulvérisation a été réalisée sous le vent de manière à maximiser la portée.

Les bouillies contiennent un traceur fluorescent BSF (Brillant de SulfoFlavine) à environ 1 g/L. Un prélèvement de bouillie mère pour chaque modalité permet de déterminer la courbe d’étalonnage entre l’intensité de fluorescence et la dose récupérée localement dans les collecteurs.

Les dépôts physiques sont évalués après dilution des dépôts dans les boites et mesure au spectrofluorimètre. La mortalité est évaluée à T + 2h , T + 24h et T + 48 h. Trois flacons ou cages sont placés soumis aux mêmes conditions atmosphériques mais ne sont pas traités (Témoins non traités).

 

Résultats


  • Définition d’une portée maximale efficace


Table 2 : Exemple de performances comparées des applications larvicides

 

En matière de traitement adulticide, les essais Pulsefog n’ont pas permis d’atteindre une mortalité > 95 % mais l’appareil  Mobilstar a atteint 100 % d’efficacité jusqu’à une distance de 80 m.

  • Définition d’une dose minimale efficace larvicide


Sur la base des essais larvicide canons et quad, une analyse spécifique des relations entre dose minimale efficace (dose mesurée pour une mortalité > 90 %) a été réalisée sur 579 points (soit 1777 points de mesure avec les répétitions). La figure 1 suivante présente la distribution des efficacités constatées avec un nombre important de points situés en dessous de 5 % de mortalité ou entre 95 et 100 % de mortalité.

Figure 1a et 1b : Distribution des taux de mortalités observés





La Figure 2 suivant présente l’évolution de la  dose en UTI/ha et la mortalité correspondante.

Figure 2 Taux médian de mortalité observé par niveau de dose UTI/ha

 

La Figure 3 présente les mêmes données mais converties en dose de bouillie par ha.

Figure 3  : Taux médian de mortalité observé par niveau de dose de bouillie en l/ha

 

 

Conclusion

Cette étude a satisfait plusieurs objectifs. Dans un premier temps, les performances de différents systèmes d’application larvicide ou adulticide ont pu être testés en combinant les mesures de portée réelle (dose collectée vs distance) avec des mesures d’efficacité biologique. A cette occasion le rôle déterminant des conditions atmosphériques (vitesse de vent et orientation) ainsi que les conditions d’application (granulométrie et ventilation) a pu être mis en évidence. Dans un deuxième temps une étude spécifique sur les applications larvicide a permis de mieux cerner les doses réelles efficaces  conduisant à une mortalité supérieure à 90 %. Le niveau de dose ainsi obtenu peut avoisiner 0,5 L/ha de bouillie soit 1/25ème de la dose réglée.  Les retombées de cette étude concernent l’optimisation des applications ainsi que l’amélioration du cahier des charges pour le choix de nouveaux systèmes d’application en démoustication.