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Accueil Avancements Suivi de la tâche n° 3 Savoir plus pour contrôler mieux
Savoir plus pour contrôler mieux PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Jeudi, 19 Mai 2011 13:10

Focus sur la tâche 3, intitulée « Démarches participatives ». Il s’agit des enquêtes sociologiques qui accompagnent le contrôle. Les premières phases, qualitative et quantitative, se sont exercées dans les Alpes-Martimes (avec son Aedes albopictus), avant de concerner progressivement, jusqu’à fin 2012, le Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, la Corse-du-Sud, la Martinique et la Guyane. Objectif : configurer un outil (questionnaire, taille et composition d’échantillons) reproductible partout et permettant d’instrumenter régulièrement un baromètre de la perception de la nuisance et des comportements associés. Cette enquête par questionnaire a permis de dégager plusieurs traits saillants. Il conviendra, lors des prochaines étapes du projet « IMCM / LIFE+ », d’évaluer dans quelle mesure il s’agit de caractéristiques spécifiques au territoire des Alpes-Maritimes ou bien de traits communs à l’ensemble du littoral méditerranéen.

 

Oui à la démoustication

 

La question des moustiques n’est pas spontanément mentionnée par les habitants comme un inconvénient de ce territoire. Cependant, ils n’en déclarent pas moins des niveaux de gêne élevés. Seulement 40 % des personnes interrogées disent ne pas être gênées par les moustiques. Inversement, plus de 18 % se déclarent très gênés. Lorsqu’on met en regard la description faite de leur gêne et les caractéristiques d’Aedes  albopictus, il ressort que cette nuisance nouvelle est principalement due à l’augmentation de son aire de répartition. En sus, pour une majorité de répondants, cette nuisance est considérée comme une « anomalie » (espèce exotique introduite), qu’il conviendrait simplement de corriger. Qu’ils soient ou non informés des politiques existantes, les habitants sont majoritairement favorables et même demandeurs d’une démoustication du département.

 

Avoir et savoir

 

Les clivages socio économiques classiques ont un effet sur les discours, lorsqu’il s’agit de mesurer le niveau de connaissancee des habitants sur les moustiques, la démoustication et les considérations environnementales et sanitaires qui y sont liées. En résumé, les niveaux de connaissance augmentent avec le niveau social. Mais c’est d’abord le niveau de gêne exprimé qui influence les discours et comportements, ainsi que les attentes vis-à-vis de la démoustication. A ce titre, les individus qui se déclarent les plus gênés sont aussi ceux qui identifient le mieux l’existence des campagnes de sensibilisation et qui sont le mieux informés sur la biologie du moustique, la présence du « tigre », ses enjeux sanitaires et les méthodes de prévention.

 

Confusion avec le chik

 

Le traitement médiatique du chikungunya et de l’introduction d’Aedes albopictus a une efficacité notable, si bien que seulement 9,6 % des habitants interrogés n’ont jamais entendu parler ni du « moustique tigre » ni du chikungunya. Les médias sont la première source d’information des habitants rencontrés. Toutefois, le passage d’une information superficielle et diffuse à une connaissance plus solide a lieu, principalement, lorsque le moustique devient un problème directement vécu par les individus.

 

Santé vs Environnement

 

Même les habitants les plus gênés ont du mal à identifier les institutions en charge de ce dossier. Aucun ne mentionne l’EID Méditerranée, mais le fait que la démoustication relève des instances publiques est compris. Cependant, l’identification du niveau territorial impliqué (le conseil général) n’est pas spontané. Les habitants les plus gênés par les moustiques tendent à être les moins sensibles aux considérations environnementales et les plus attentifs aux enjeux sanitaires. Une majorité considère que le moustique en général et le « tigre » en particulier peuvent transmettre des maladies à l’Homme en France métropolitaine. En revanche, il ne se dégage pas de tendance claire concernant la probabilité d’une épidémie de chikungunya dans notre pays.

Mondialisation coupable ?

 

Si l’idée est largement partagée que le changement climatique pourrait aggraver la situation (c’est plutôt le transport passif, mais cette « explication » fonctionne désormais comme une sorte de « tarte à la crème »), la mise en cause de la mondialisation est minoritaire parmi les interviewés. Ceux-ci sont d’ailleurs d’autant moins critiques vis-à-vis de la mondialisation et de ses conséquences sanitaires qu’ils sont eux-mêmes… des voyageurs, de surcroît réguliers. Enfin, une majorité fait confiance au système de santé français pour faire face à une épidémie de chikungunya. Rassurant ? Voire. Ce peut être aussi le signe d’une mentalité… d’assistés. Dans ce cas, bonjour l’évacuation domestique des eaux stagnantes…